Les métiers anciens disparaissent ou se raréfient et l’artisanat s’étiole, au point que l’on a de plus en plus de mal à distinguer l’artisan de l’artiste… Mais ces vieux métiers sont bien la mémoire de nos ancêtres et il est essentiel pour la sauvegarde de notre culture de les préserver. Heureusement de nombreux passionnés s’engagent pour les faire perdurer et transmettre leurs techniques et savoir-faire lors de visites, d’initiation ou d’ateliers.


Saint-Antonin-Noble-Val, sculpture dans l'arbre
Saint-Antonin-Noble-Val, sculpture dans l'arbre

Sur les traces des métiers d'antan...

Le Tarn-et-Garonne est un pays de Gascogne. Sa terre riche nourrit hommes et bêtes depuis la nuit des temps. Les vestiges que les hommes du paléolithique ont laissés à Bruniquel nous révèlent son occupation très ancienne. Au fil du temps, les habitants ont appris les gestes et façonné les outils adaptés à leurs besoins, qui sont devenus typiques de la région. Les coutumes se sont transmises, de génération en génération.

Aujourd’hui, c’est encore un département agricole, où la culture paysanne est bien ancrée. C’est un territoire qui a su préserver ses métiers d’autrefois, ses traditions ancestrales et son artisanat local. Le tourisme qui en découle permet à ces artisans passionnés de partager leurs secrets et de peut-être faire naître des vocations. On vous propose donc un voyage en famille à la rencontre de ces compétences oubliées, de ces vieux engins et mécanismes, à redécouvrir lors de votre séjour dans la région. 


Les chapeaux de Caussade

À Caussade, on remonte le temps. Le 19ème siècle, c’est « l’âge d’or du chapeau ». Et pour cause, depuis le 17ème siècle et l’influence de notre roi Soleil, la France se positionne sur le marché mondial du luxe. Les manufactures s’implantent partout en province. Au 19ème siècle, ce sont les prémices du « prêt à porter ». La mode devient plus accessible et pour se distinguer, c’est l’accessoire qui apporte la touche finale et donne son caractère unique à une tenue ! Le chapeau devient alors bien plus qu’un couvre-chef…

Née du talent d’une paysanne qui supportait mal le chaud soleil du sud-ouest, la première « paillole », un chapeau de paille tressée, est créée à Caussade. Elle finira sur les têtes des vedettes parisiennes !

Pour en savoir plus, il faudra visiter « l’Epopée chapelière »… Rendez-vous également à l’atelier « Hats block Laforest » pour rencontrer l’un des derniers « formiers » au monde. Ce métier, classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, consiste à sculpter les blocs de bois de tilleul qui permettent de former les chapeaux. Vous aurez aussi l’occasion d’apprécier le savoir-faire et la précision d’une autre artisan-artiste et peut-être d’assister à la conception d’une des fleurs en tissu qui les décore.

Deux entreprises fabriquent encore ces chapeaux : « Crambes » à Caussade et « Coustillères » à Septfonds. « Crambes » proposent des visites guidées pour comprendre le processus de fabrication, les machines spécifiques et découvrir les métiers de la chapellerie.

Enfin, la boutique « Willy’s Paris » est une institution de la chapellerie, où vous pourrez admirer ces magnifiques créations. Vous y trouverez de très nombreux modèles, du plus classique et traditionnel au plus extravagant…

 

Les balais de Grisolles

À Grisolles, on entre dans une capitale française… Que dis-je européenne… C’est celle du balai ! Voilà encore un métier du 19ème siècle. C’est en 1856 qu’est fabriqué le « balai de Grisolles », en voulant améliorer la gerbe de paille de sorgho liée qui sert à nettoyer les maisons… Plus besoin de se baisser, un manche en bois se dresse au cœur de la gerbe. Du fil de fer attache solidement l’ensemble. Maintenant le balai est un outil efficace et pérenne.

Pour mieux connaître ce savoir-faire, une visite au musée Calbet, s’impose. Il présente les traditions populaires et une collection d’outils et de matériel de la vie quotidienne d’antan. Dans son atelier reconstitué, vous rencontrerez l’un des derniers « balaitiers », témoin de cette industrie autrefois prospère.


Le musée Calbet et les balais de Sorgho
Le musée Calbet et les balais de Sorgho

Les faïences d’Auvillar

À mi-chemin entre Bordeaux et Thiviers, Auvillar était bien placée pour développer un artisanat de la faïence. L’émail d’oxyde de plomb en provenance de Bordeaux et les émaux de décor de Thiviers s’associaient à la terre d’Auvillar et au sable de Marsac pour faire naître des mains des potiers, une faïence solide et originale. Avec une apogée aux 18ème et début du 19ème siècle, la demande en poterie décline assez vite et les derniers fours s’éteignent en 1905.

Elles font encore aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Vous pouvez les admirer au musée du vieil Auvillar, où un spécialiste des faïences propose des animations et des visites commentées. Il accueille aussi le musée de la batellerie


Auvillar
Auvillar

Si vous êtes intéressés par la céramique, ne manquez pas notre visite du centre de la céramique de Giroussens.


Les écomusées : modes de vie d’autrefois, vieux outils et traditions populaires

Loin des fastes et des apparats des belles demeures ou de la vie de château, les écomusées nous révèlent les secrets de la vie quotidienne des habitants d’une région. C’est un bon moyen de retrouver la mémoire des paysans et des ouvriers, de reconnaître les pratiques de nos grands-parents ou de nos ancêtres plus lointains, d’imaginer les gestes de ces métiers d’autrefois. Ils ont un côté familier qui est attachant car on entre dans l’intimité des « gens du coin »…

  • Le musée de Finhan présente les outils, classés par métiers, les objets du quotidien et des engins agricoles des 19ème et 20ème siècle.
  • À Verfeil, le musée « Aux outils d'antan » est spécialisé dans les outils agricoles.
  • À Donzac, le conservatoire des métiers d'autrefois reconstitue un village d’artisans, une classe de 1920 et des anciens commerces.
  • À Caylus, se trouve l’écomusée des Gorges de l’Aveyron.
  • À Montauban, le musée des jouets vous dévoile une collection impressionnante de jouets d’autrefois. Matériau noble, savoir-faire ancien, tradition... Voici une belle occasion de soulever un pan de l’histoire d’un artisanat méconnu. Un lieu unique pour vous faire rêver, imaginer et voir s’écarquiller les yeux des petits et des grands enfants !


Caylus
Caylus
 Inscription sur photo de Eugène Trutat : " 10 juin 1899 sur la route de Verfeil charrette et chiens pl. verte Jougla ; Domaine Public
Inscription sur photo de Eugène Trutat : 10 juin 1899 sur la route de Verfeil charrette et chiens pl. verte Jougla - Domaine Public

Quand l’artisanat reprend vie…

Saint-Antonin-Noble-Val est un village d’artisans réputé. L’été, les boutiques s’étalent dans ses belles ruelles et le village devient une « vraie galerie d’art à ciel ouvert ». Les artisans partageront leur passion durant les nombreux ateliers de savonnerie, sculpture, bijouterie, céramique

La lavande du Quercy était très renommée et la production était prospère. Elle a failli s’éteindre, mais grâce à des passionnés, elle renaît aujourd’hui dans la Ferme de Lacontal. Vous pouvez visiter la distillerie et découvrir les nombreux produits issus des huiles essentielles et hydrolats.


Visite des Caves de Roquefort – Maison Gabriel Coulet

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